Quand on trouva son corps, massacré, le 2 novembre 1975 sur la plage d’Ostie, l’Italie comprit que le pire des années de plomb était encore loin de leur terme. Car enfin, dans quel pays d’Europe pouvait-on ainsi tuer un poète, un cinéaste, un écrivain, un penseur politique sans que l’enquête officielle aille chercher bien loin dans ce cloaque où les grands pétroliers côtoyaient les services secrets ? Mais ce n’est pas la mort de Pier Paolo Pasolini et ses mystères que ce spectacle entend mettre en scène. C’est sa vie, au contraire, c’est son œuvre multiforme, cinéma et écrits mêlés, c’est son engagement politique, esthétique, qui pendant trois décennies a fait de Pasolini une figure à part dans le riche panthéon intellectuel italien de ces années-là.
Christophe Perton, metteur en scène depuis longtemps frotté à tous les grands textes, auteur lui-même d’une adaptation de Pasolini, Une vie violente, a rassemblé douze jeunes comédiens de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier. Et il leur a fourni un matériau pasolinien, extraits de films, poèmes, critiques, essais, pour que ce spectacle soit un portrait. Le portrait d’un homme qui n’a jamais transigé, qui a vécu sur un fil de rasoir -le citoyen, comme l’artiste- et dont son amie, l’écrivain, Elsa Morante disait en substance : son œuvre manifeste tout à la fois un amour heureux pour soi-même, et un amour malheureux pour le monde. Une vitalité désespérée : on ne saurait mieux dire…

Avec : Blanche Adilon, Barbara Atlan, Mohamed Bouadla, Charly Breton, Jessie Chapuis, Guillaume Costanza, Quentin Gratias, Marie-Laure Mouak, Lison Rault, KyoKo Takenaka, Yan Tual, Charles Henri Wolff

Mise en scène et scénographie : Christophe Perton

Lumière : Thierry Opigez
Son : Thibault Lamy
Costumes : Aude Desigaux

Coproduction : scènes&cités
Avec le soutien de la DRAC Rhône-Alpes, la Région Rhône-Alpes, de la Maison Louis Jouvet/ENSAD (Ecole Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier)