Buenafede voudrait qu’il existe un monde où les filles jeunes caressent les vieux comme lui, un monde où les désirs de chacun seraient permis pour le plaisir de tous. N’ayant plus l’âge pour séduire les jeunes femmes il cherche des « compensations ». Le succès des imposteurs se fonde sur un besoin général d’illusion. Ecclitico est précisément un fabricant d’illusions, et les moyens qu’il met pour les produire sont ceux d’un théâtre. Nous avons imaginé que l’action se passe au début du XXème siècle, Ecclitico tient une salle de jeux où l’on peut venir gagner de l’argent, assouvir ses fantasmes. Un monde dans lequel on manipule les désirs frustrés par la vie réelle, un monde d’images. De ce point de vue le sujet demeure indéniablement contemporain. Ecclitico et son compère Ernesto épouseraient volontiers les filles de Buenafede, Clarice et Flamina – des filles dotées s’entend. À Cecco le domestique reviendrait Lisetta la servante. Mais les filles sont sous clef… Il s’agit pour Ecclitico de faire croire à Buenafede, vieillard lubrique et jaloux de ses filles, que s’il va sur la lune il trouvera tout ce qu’il recherche chez la femme. Faux astrologue mais bon psychologue, Eccliticotransforme son jardin en un ailleurs idéal, un paysage de lune fantasmée : ce que Buenafede refusait sur terre, il va l’accepter sur « la lune », car les codes amoureux seraient différents. Ecclitico va proposer un breuvage «  magique » à ce crédule, et nous voilà parti sur la lune. La fête aura donc lieu dans le jardin de ce dernier où l’on transportera ce « pauvre » Buenafede endormi. En organisateur professionnel, Ecclitico va dans le deuxième acte inventer un décor lunaire qui est un « jardins des délices » avec Empereur, cour, luxure, plaisirs, et jeunes femmes…  Buenafede est aux anges, sur la lune tout paraît plus simple… pour se faire berner. Profitant du stratagème, Ernesto épouse donc Flamina, Ecclitico Clarisse, Cecco Lisette et Buenafede tombe de… très hautColère puis pardon du vieux berné : les couples sont acceptés, les dots seront versées.

 

Avec Nicholas Crawley (Buenafede, basse), Alexander Spragues (Ecclitico, Ténor), Marie Kalinine ( Ernesto, contralto), Emilie-Rose Bry (Clarice, Soprano), Olga Seliverstova (Flaminia, Soprano), Martha Jones (Lisetta, mezzo-soprano), Raffaele d’Ascanio (Cecco, Ténor).

Opéra de Joseph Haydn

Livret d’après Carlo Goldoni
Mise en scène: Claude Montagné
Direction musicale Jérôme Devaud

Scénographie: Denis Fruchaud et Amandine Fonfrede

Lumières: Pierre Peyronnet

Costumes: Aude Désigaux